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Dons pour Bagatelle

Culture et diversité
Art Préservation du patrimoine culturel
Projet en cours

Dons pour Bagatelle

La Fondation La Marck est engagée pour la sauvegarde du Château de Bagatelle.

En 2026

Dans une vente Collin du Bocage du 27 mars 2026, nous avons repéré une autre vue de Bagatelle, montrant en oblique la façade sur jardin, plume, encre de Chine et aquarelle. Elle était signée de Jean-Baptiste Maréchal, que l’on a retrouvé à la même époque dans un achat pour Carnavalet. A voir l’état du parc et les costumes des visiteurs, on se situe sous la Restauration. Nous avons pu l’acquérir à bon compte.

 

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A la même époque, pour permettre une exposition permanente, on a mis en route la transposition sur un support imputrescible du grand plan de Bagatelle acheté pour Carnavalet à la vente du fonds de l’architecte Fontaine en novembre 25. Il s’agit d’une commande de Charles X en 1829, censée préparer une installation du même type à la porte de Vincennes. 

Son intérêt majeur réside dans la vue cavalière des bâtiments dessinée par Fontaine dans un espace laissé libre sur ce plan de géomètre. On y découvre des chartreuses très à la mode à la fin du XVIIIe siècle, mais qui ne sont sans doute que des réutilisations d’anciens jardins potagers, ainsi que quatre tourelles moyenâgeuses flanquant l’avant-cour circulaire qui précède les actuels pavillons des gardes et où ont été installées les statues de Bonnemare, hélas pas assez à l’écart des frondaisons.

 

Cette découverte avait de quoi déconcerter : les tourelles étaient-elles vraiment plus anciennes ou un pastiche ultérieur ? L’étude d’Henri-Gaston Duchesne parue en 1909 fournit la réponse : il s’agit d’une des anciennes portes du Bois, dont les gardes étaient logés dans les bâtiments attenants et semblaient disposer de jardins intérieurs. Cette partie du domaine royal était sous la coupe du capitaine des chasses du Bois et comme en 1716 il n’a pas été jugé utile de conserver ces gardes, l’ensemble a été concédé par le roi à M. Bellanger, avocat général à la cour des Aides de Paris. Il ne l’a pas gardé longtemps et vendu en 1720 au maréchal d’Estrées, toujours avec l’accord du roi. On connaît la suite : pour le maintenir bien en cour, sa femme a fait de Bagatelle un lieu dévolu à la galanterie, d’abord avec le Régent, puis avec Louis XV venu en voisin de la Muette.

Ce qui peut étonner, c’est qu’on ait conservé ces vieilles tours, encore présentes un siècle plus tard. On les retrouve sur un dessin d’Étienne Meslier daté autour de 1835 et détenu par Carnavalet :

 

On remarque juste une différence avec Fontaine : il a doté la porte ouest de toits pointus. Qui a raison ? Et qui a mis bas ces témoignages si anciens, lord Hertford ou son supposé fils Richard Wallace ? On sait juste que c’est à ce dernier de l’on doit la destruction du bâtiment des Pages encore visible sur le dessin de Meslier.

Saluons en tout cas la continuité dans l’inspiration de la ville de Paris : le génial Alphand, à qui l’on doit le remodelage du Bois de Boulogne en parc public, a demandé à l’architecte Davioud de reconstruire les portes du Bois dans un savoureux style néo-gothique, pierre sculptée et parements de brique. Ces maisons qui font l’envie de tous les passants sont réservées aux jardiniers du Bois. 

En 2024

Le 10 décembre 2024, nous avons proposé d’acheter un dessin, gouache et aquarelle dans des camaïeux de bleu représentant l’étang de la cascade avec l’obélisque dans le fond. Il est signé d’Alexandre Jules Noël 1752-1834), élève de Joseph Vernet, qui de ce fait a peint beaucoup de marines, mais aussi des vues de Paris et ses alentours. Il n’est pas daté mais on peut penser qu’il a été réalisé sous l’Empire ou la Restauration.

Dessin A.J.Noel

On connaissait l’état d’origine de cette mare dont les rives étaient jonchées de gros blocs de grès, certains en partie immergés, gravée par Fessard d’après Louis Gabriel Moreau. Le dessin de Noël nous révèle un état intermédiaire où on remarque un regroupement des blocs de grès pour les empiler. 

 

En 2023

   En décembre 2023, Sotheby’s a consacré plusieurs ventes aux collections Hubert Guerrand-Hermès. Le 13, était présenté un ensemble de six chaises de Georges Jacob pour le salon de Bagatelle. Nous les connaissions bien pour les avoir manquées en mars 2000 lors de la vente par les descendants de la comtesse Greffulhe. En fait, Françoise de Panafieu, qui avait pris la suite de Jacqueline Nebout à la mairie de Paris, s’intéressait peu à Bagatelle. De toutes les façons, même si nous avions réussi à la convaincre, on ne les aurait pas eues en raison du prix élevé que n’a pas hésité à payer M. Guerrand-Hermès. En 2023, les prix sont devenus plus raisonnables et pour les chaises ont baissé de moitié. La fondation a pris en charge une des chaises. Elles ont un dossier en éventail cintré pour s’adapter à la courbure du salon, et ont été sculptées par JB Rode. Ces chaises rejoindront les sièges déjà présents dont de belles marquises. Manque encore le fauteuil du roi.

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En 2022

Fin juin 2022, le sénateur Montgolfier nous a demandé de l’aider à acquérir un mobilier de Boulard à la marque de Bagatelle, soit trois fauteuils et six chaises en bois laqué. Ces sièges étaient sans doute pour le logis du gouverneur dans le pavillon des Pages, un grand bâtiment qui fermait la cour d’honneur au sud (disparu au XIXe). La rareté de ce mobilier a motivé la décision du sénateur, et s’il n’est pas question de l’installer au château, il pourra avoir sa place dans le petit musée retraçant l’histoire de Bagatelle qui est prévu.

En 2020-21

Le château de Bagatelle est un pavillon construit en lisière du Bois de Boulogne par le comte d’Artois en 1777. Sa belle-sœur, Marie-Antoinette, l’avait mis au défi de l’édifier en cent jours ; il l’a réussi mais a dû pour cela détourner des convois de matériaux à destination de Paris. Le résultat est typique des folies XVIIIe, exquis de proportions, avec au nord un grand salon en rotonde sous un dôme, orné de stucs d’un extrême raffinement dessinés par l’architecte Bélanger, flanqué de deux boudoirs, l’un décoré par Callet, l’autre par Hubert Robert.

Le domaine a été sauvé de la convoitise des promoteurs par la ville de Paris qui l’a racheté en 1905. Sa renaissance est relativement récente, puisqu’elle est le fait de Jacqueline Nebout, nommée adjointe au maire de Paris en charge des espaces verts en 1977. Elle va s’occuper activement de la restauration et du remeublement du château, et de l’animation du domaine avec l’aide d’une association d’amis créée en 1980. C’est la grande époque de Bagatelle, avec chaque année plusieurs expositions qui font date (celle consacrée à Henry Moore en 1992 a eu un retentissement mondial), des manifestations culturelles de haut niveau (comme les journées d’étude consacrées aux paysagistes Duchêne), ainsi que des concerts dans l’orangerie, tandis qu’une équipe de jardiniers hors pair s’occupent avec passion du parc et de la roseraie, allant jusqu’à créer plusieurs jardins à thème. Les fabriques qui parsèment ce parc à l’anglaise sont soigneusement entretenues, et certaines qui avaient disparu sont reconstruites.

Après 2001, il est mis fin à presque toutes les animations et l’association d’amis est dissoute. Le château lui-même est laissé à l’abandon et commence à se déliter. Pour protéger les visiteurs des chutes de pierres des corniches, des filets sont installés autour. Ce spectacle sinistre finit par émouvoir les Parisiens et la mairie décide finalement de déléguer en 2019 à la fondation Mansart, que dirige le sénateur Montgolfier, le soin de remettre en état le château pour le rouvrir à la visite. 

La fondation La Marck a décidé en 2020 de l’épauler. C’était en quelque sorte un retour aux sources, puisque son fondateur avait fait partie de l’ancienne association des amis de Bagatelle dissoute en 2002 et contribué au remeublement du château. En juillet 2020, nous avons participé à la tentative de rachat par le sénateur Montgolfier du mobilier de la chambre du comte d’Artois, un ensemble unique par son décor d’attributs militaires réalisé par Jacob. Nous l’avons manqué. Mais à l’automne, la fondation a pu offrir un dessin aquarellé de Dugourc (un des décorateurs du château et beau-frère de Bélanger). Il représente le comte d’Artois en pied, devant son régiment qui manœuvre dans la plaine de Bagatelle, avec le château dans le fond, parfait souvenir de l’époque de sa création.   

 

Le 12 juillet 2021, la fondation a pu participer à l’achat d’une pièce de mobilier emblématique de Bagatelle : le fauteuil des bains du comte d’Artois. Portant l’estampille de Georges Jacob, ce fauteuil faisait partie d’une série de quatre livrés au cours de l’hiver 1778-79, dont il est apparemment le seul subsistant. Il a pour caractéristique principale d’être surbaissé, peut-être pour les commodités de son double usage.

En effet, compte tenu de l’exiguïté des pièces de l’étage, le comte d’Artois utilisait un des deux boudoirs du rez-de-chaussée, le boudoir des Hubert Robert, comme pièce des bains. Le décor était à l’unisson, avec des arabesques de Dusseaux à motif de baigneuse soutenue par des naïades. Les six panneaux d’Hubert Robert, aujourd’hui au Met, représentaient des paysages en hauteur sur des thèmes voisins, comme le Bassin aux baigneuses. Ils ont été remplacés par des copies.

Le boudoir disposait d’une baignoire, transformable en ottomane hors les périodes d’ablutions du prince, et était relié à sa chambre par un escalier dérobé.

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