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Château-musée de Blois

Culture et diversité
Art Préservation du patrimoine culturel
Projet en cours

Château-musée de Blois

Le directeur du musée de Blois, avec qui nous étions en contact sur un autre sujet, nous a informé en juin 2025 qu’il avait reçu du galeriste Édouard Ambroselli une offre de vente du buste original en terre cuite de Gaston d’Orléans, préparatoire au buste en marbre qui a orné la façade de l’aile du château de Blois construite par ce dernier à partir de 1634. Ce buste avait été détruit à la Révolution et remplacé beaucoup plus tard par une réinterprétation sans rapport due à un sculpteur local, Alfred Jean Halou.

 

Le créateur du buste original est une vieille connaissance : Jacques Sarazin (1592-1660), dont nous avions offert au Louvre un modello à échelle réduite d’une paire de ses célèbres cariatides du pavillon de l’Horloge. Après un séjour à Rome, Jacques Sarazin retourne à Paris en 1627 et va participer aux grands chantiers du Louvre, de Blois et de Maisons entre autres. Logé aux galeries du Louvre, il y est mort en 1660 après avoir participé à la fondation de l’Académie royale de peinture et de sculpture aux côtés de Charles Le Brun. À Blois, il sera assisté pour les intérieurs par deux autres sculpteurs de grande notoriété, Simon Guillain et Michel Anguier.

Quand Gaston d’Orléans est chassé de la cour par son frère Louis XIII en raison de ses conspirations sans fin, il s’installe à Blois en 1634, qu’il a reçu en apanage avec Orléans et Chartres. A l’époque, c’est déjà un château royal imposant, marqué par les constructions de Louis XII, de François 1er (dont le célèbre escalier à vis à double hélice), d’Henri IV et de Marie de Médicis. Gaston, dauphin officiel, bénéficie de fonds suffisants pour construire une nouvelle aile et fait appel aux meilleurs artistes pour la décorer, ainsi qu’à un jeune architecte qui monte : François Mansart. Jacques Sarazin le suivra ensuite à Maisons.

 

Quand il réalise le buste de Gaston, Jacques Sarazin réussit à merveille à saisir les traits de caractère du modèle : flamboyant mais veule, le type même de ces bretteurs infatigables de l’époque, accessoirement coureurs de jupons. Il le flatte juste en lui couvrant une épaule de la léonté d’Hercule (dépouille du lion de Némée). Serait-ce une allusion à ses ambitions démesurées ? La naissance du dauphin en 1638 y mettra provisoirement un terme. Malgré le côté déplaisant du personnage, qui n’hésitait pas à trahir les complices de ses différents complots pour sauver sa tête, l’objectivité impose de tenir compte de son rôle historique au château de Blois et plus généralement de son attrait pour la culture. Passionné de sciences et de botanique, il crée à Blois des serres exotiques et embauche Nicolas Robert, peintre, graveur et enlumineur pour immortaliser ses fleurs ; ce sera le début du célèbre recueil des Vélins, continué avec l’aide de Louis XIV. L’intendant de sa musique est Étienne Moulinié (1599-1676), compositeur réputé de musique baroque qui lui sera fidèle jusqu’à son décès. Une cohorte de poètes le suit : Vincent Voiture est son protégé, Théophile de Viau bénéficie de ses largesses, parmi les gentilhommes de sa maison, on trouve Tristan L’Hermite et le grammairien Claude de Vaugelas. Il s’intéresse aux sciences, forme un cabinet de curiosités, collectionne les médailles et les coquillages, et quand il voyage, ne manque pas de visiter les grands maîtres de l’époque : venu à Bruxelles pour saluer sa mère, Van Dyck peint son portrait en pied, aujourd’hui à Chantilly ; à Nancy, il prend des cours avec Jacques Callot et lui commande des planches de monnaies…

Une souscription a été lancée pour financer l’acquisition de ce buste. La fondation y a participé aux côtés de la mairie. Cette acquisition contribuera à la mise en valeur du rôle de Gaston d’Orléans à Blois à travers des salles dédiées en exposition permanente, prolongeant l’exposition temporaire de 2017, Gaston d’Orléans, prince rebelle et mécène. A cette occasion, de nombreux objets seront sortis des réserves.

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Blois a aussi été au XIXe siècle le lieu d’une véritable école de faïence, mal appréciée car ses productions ont été très nombreuses et inégales. Cela a commencé avec Ulysse Bernard, né en 1826, suivi par Émile Balon (1859-1929), tous deux inspirés par les majoliques italiennes et la Renaissance française en Val de Loire, parsemant leurs œuvres d’emblèmes de François 1er ou d’Anne de Bretagne. Après Émile Balon, sa fille et son gendre ont continué à produire ces faïences jusqu’en 1950. S’ils se sont essayés à d’autres styles, les pièces revisitées de la Renaissance sont les plus attractives.

Les collections du château de Blois dans ce domaine sont à de rares exceptions près d’un niveau assez faible. Elles mériteraient un effort d’acquisitions pour en relever le niveau et présenter dignement cette école. La fondation a donc décidé de montrer l’exemple en offrant une spectaculaire coupe coquille d’Émile Balon qui passait chez le commissaire-priseur local, la maison Pousse-Cornet, le 6 septembre 2025. Prouesse technique : elle mesure 49 cm de long !

 

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